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Le pays natal
Tout près de toi, je vois, au pied de ta falaise
Couler dans sa splendeur, le fleuve le plus grand,
Dont les flots en mourant sur la Rive s'apaisent
Apportant avec eux, les bruits de l'océan.
Dans toi je vois aussi, lorsque vient la saison
L'immense océan jaune ondulant dans la plaine.
Et s'abattant par vagues quand le temps des moissons
On coupe le blé mûr pour en avoir la graine.
Plus je suis loin de toi et plus je me revois
Parcourant tes coteaux abrupts, pleins de broussailles
Pour déranger le lièvre et le mettre aux abois,
Et pour voir devant moi, se lever bien des cailles.
Je me revois aussi dans les longues veillées
Où grand-mère ébauchait son éternel tricot,
Où ma mère cousait à grandes aiguillées,
Où mon père lisait tranquil et en repos,
Rien n'est plus doux pour moi que mon pays natal
Il chante les aïeux, leur travail pénible
Il chante le foyer le plus sentimental,
Qui fait d'une famille, une souche invisible.
L. Claude Boisseau (1927-2006)
Natif de Mortagne sur Gironde
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